Ne croyez surtout pas que si nous n’avons pas écrit à propos la fin de notre retour au Québec c’est parce qu’il n’y a pas eu de péripéties, au contraire…Nous sommes désolées de ce contre-temps, mais le retour à la maison pour Mélina et celui à l’école pour Claude ont été bien occupés. Voyons un peu comment s’est terminé le périple…
Voyons voir, nous avons donc quitté l’oncle et la tante de Claude les sacoches pleines de provisions ( pratique aller chez la famille, pas besoin de faire l’épicerie…hihi) après une excellente nuit de sommeil dans leur tente-roulotte. Suzanne et Guy ont poussé leur générosité jusqu’à venir rouler avec nous encore le lendemain matin, sur un tronçon d’autoroute (la 50) qui n’était pas encore ouverte pour les voitures..que de plaisir! De l’asphalte neuve, sans traffic et sans contraintes…un cycliste ne peut demander mieux, surtout lorsqu’il est en bonne compagnie. Nous les remercions encore de ce beau moment! Nous les avons quittées bien curieuses de savoir ce que la journée allait nous réserver, puisque ce voyage n’a pas connu de journée ”ordinaire”.
Superbe journée sous le soleil, où nous nous arrêtons au château Montebello pour fouiner un peu, puis le temps d’une pause-dîner dans les environs. Poursuite de la route un peu tard puisque la pause s’est allongée, tellement qu’il nous restait 80 km à faire vers 15h. Nous devions nous rendre à St-Colomban où l’oncle de Mel, Joseph, habite et nous accueillerait et où Michel (papa de Mel) se trouvait en vacances. C’est en pédalant vers la que nous avons fait un détour pour aller prendre une photo avec une ”vraie” pancarte de bienvenue au Qc (qui gagne le palmarès de la plus belle pancarte de bienvenue!). Nous nous sommes ensuite légèrement perdues, pour revenir sur la bonne route. Le temps passait, mais il ne restait que 30km à faire quand tout à coup: TONNERRE! Devant nous se dressait un mur de pluie dense, gris et menaçant. Ne voulant pas nous retarder nous avons foncé vers l’avant…pour nous rendre compte que nous étions au coeur d’une orage électrique! Vite, il faut nous réfugier. Nous sommes donc allées nous réfugier sous le porche de la première maison en vue, où se trouvait une dame qui est vite sortie avec des serviettes pour nous sécher car elle nous avait vues arriver. L’hospitalité nous a retrouvées même au Qc ! Mais bon, il était casiment 19h et on a pu reprendre la route lorsque le pire était passé. On a roulé accompagnées d’une vue magnifique d’arcs-en-ciel de toutes sortes, pour finalement arriver chez Joe vers 20h, après un dernier 5km de montée. On a pu avoir un bon souper au resto, une belle soirée avec encore des membres de la famille d’une de nous 2, et au dodo. Nous étions particulièrement brûlées. Finalement, c’est pas parce qu’on est rendues au Québec que les journées passent toutes seules, il faut encore pédaler!
Le lendemain, nous prévoyions une grosse journée, mais vu le départ à 11h15, on a du modifier (notre séjour avec notre famille farfelue a redéfini l’horaire de nos journées). En effet, malgré qu’on se soit levées relativement tôt, Claude a décidé de se raser la tête une dernière fois avant de revenir, et on a aussi fait de la mécano-vélo, ce qui a retardé notre départ. Claude a même du réparer une crevaison! *Prise 1*. En quittant Joe et Michel, on s’est dit que nous devrions aller faire l’épicerie au village. C’est en sortant de là que Claude a du réparer un autre flat. *Prise 2*. On a alors vraiment quitté vers 12h15. Après 50 km, Mel a roulée sur quelque chose = crevaison. *Prise 3*. C’est exactement la que Claude s’est exclamé: ***** ** *********(CENSURÉ). La journée n’allait pas exactement vite. On a donc décidé de ne pas pousser jusqu’à Louiseville mais bien d’arrêter à Berthierville, après 107 km. Rendues là, on a fait le tour du village pour tenter de trouver un endroit où piquer notre tente. C’est finalement le terrain de l’information touristique qui a eu l’honneur de nous avoir pour la nuit (les employés ne l’ont jamais su, puisque nous sommes arrivées après la fermeture et avons quitté avant l’ouverture…mouhahahHAHA). On a passé une partie de la soirée à guetter le ”fou du village” qui faisait des aller-retour sur le sentier qui traverse le parc où nous mangions..On est comme des aimants à bonnes personnes, mais à gens louches aussi. Il est finalement parti et on a pu aller monter notre tente dans le noir, sur un bout du terrain qui était plutôt digne de se faire appelé ’swamp’ que terrain.
Une autre bonne nuit, on range la tente et on quitte les lieux avant que l’information touristique n’ouvre, comme notre plan diabolique l’indique. On est allées s’échouer à la table des vieilles fumeuses qui se râclent la gorge du IGA de Berthierville pour déjeuner, où la récolte pour Leucan fut bonne! Le beau temps a décidé de nous accompagner pour aller gagner la fameuse route 138 que nous emprunterons jusqu’à chez nous…nous avons suivi ce chemin trop bien connu de nous et avons filé jusqu’à 3-rivières, où nous avons mangé sous le soleil au port. On s’est allongées au soleil sur la place public, pour profiter de ces derniers moments de cette folle aventure, qui se terminera le jour suivant (enfin, et déja à la fois!). La route s’est poursuivie jusqu’à un quai pour la pause-chocolat, devant le fleuve, toujours profitant de ces moments. Les odeurs se mêlent dans nos narines…effluves marines sumontées de l’odeur du carburant des voitures et de la terre, mais surtout, ça sent la fin qui approche…essayant de ne pas trop être nostalgiques, nous reprenons la route, le coeur léger malgré tout. Nous sommes bien. Nous voyons défiler des noms de village familiers pour finalement arriver à Deschambault, où nous avons donné rendez-vous à Claude et Alain (papa et frère de Claude!) pour aller souper. Papa-Claude nous a gentilment invités à l’Angelus, sur une terrasse fort sympathique, où nous avons passé une belle soirée les 4 ensemble à rire et à se raconter des péripéties de toutes sortes. Et, comme à tous les soirs, notre étoile nous a guidée vers un petit lieu coquet parfait pour nous. Cette fois c’était dans le parc adjacent à l’église derrière une statue de la Sainte-Vierge, à l’abri des regards.
Le lendemain, Jour J, nous avions donné l’heure du départ à 10h. Or, il ventait et puisque Mel a déteint sur Claude cet été avec sa maladie de dernière minute, nous sommes restées dans la tente jusqu’a 9h45. Puis on a eu la visite surprise des parents de Claude et des tantes de Mel derrière notre statue de la Sainte Vierge qui avait veillé sur nous cette nuit-là. Puis, lorsque nous sommes parties, à 10h exactement, il s’est mis à pleuvoir. Nous avons eu la joie de recevoir une escorte de Yolande de Cap-Santé et son mari, malgré le mauvais temps. Papa-Claude et maman-Lucie sont venus fermer la boucle du voyage avec nous, puisqu’ils l’avaient aussi débutée. On a passé une belle journée, passant par les villages nataux de Claude et Mel, Cap-Santé et St-Augustin. Quelques personnes nous encourageaient sur la route, on se sentait comme au tour de France (humm…tour du Canada?). On a fait une pause à la Caisse populaire Desjardins de St-Augustin-de-Desmaures (notre commanditaire principal!), et on a filé jusqu’à Ste-Foy. Bin, pour être plus précise, on a filé jusqu’au Tim Hortons sur 4-bourgeois puisque nous devions arriver vers 16h aux bureaux de Leucan mais que nous avions de l’avance. La dégustation du dernier beigne du voyage terminée, le dernier kilomètre s’est entamé.
1km…curiosité…500m…route de l’Église…poul qui s’accélère…Hôtel de ville…250m…respiration plus forte…boulevard Laurier…50m…excitation…McDo: Siège social de Leucan/Québec!
Eh oui, cette folle aventure, qui a commencé il y a 98 jours au même endroit, qui a débuté dans le froid, qui s’est terminée sous la pluie, et dans les deux cas s’est vécue avec des gens merveilleux qui nous ont supportées et que nous tenons à remercier.
À vous tous qui nous avez lues, encouragées, supportées, etc. nous vous en sommes extrêmement reconnaissantes. Vous étiez dans chaque flaque d’eau rencontrée, chaque bourrasque de vent affrontée, chaque rayon de soleil apprécié. Vous avez définitivement fait partie de notre voyage. Nous sommes heureuses d’avoir pu nous confier à vous, vous divertir, et vous donner un aperçu des folles aventures que nous avons vécues.
Au plaisir de vous revoir et de vous conter tout cela de vive voix, nous vous disons: À la prochaine fois…
